J1 : de l’estuaire aux galets
Deux heures de route depuis la région parisienne et on change de monde. Saint-Valery-sur-Somme accueille avec ses remparts dorés, ses ruelles pavées et ce calme particulier des villes qui ont arrêté de se presser depuis des siècles. La lumière du nord y a quelque chose de spécifique, franche, sans filtres, qui donne du relief à tout ce qu’elle touche. Les photographes le savent depuis longtemps. 📸
Sur les quais de la gare, on aperçoit le Chemin de Fer de la Baie de Somme, un train à vapeur Belle Époque qui relie Saint-Valery, Le Crotoy, Noyelles et Cayeux depuis 1887. On ne l’a pas pris, pas le temps, mais voir la locomotive manœuvrer en soufflant sa vapeur suffit à comprendre pourquoi les gens font le déplacement juste pour ça. C’est le genre d’attraction qui parle d’elle-même.
De l’autre côté de l’estuaire, Le Crotoy joue dans la même veine mais avec une ambiance plus balnéaire : les barques de pêcheurs, le café du port, les goélands qui négocient leur place sur les toits. On s’y attarde juste ce qu’il faut avant de longer la côte vers le sud.
Cayeux-sur-Mer marque le passage à quelque chose de plus sauvage. Les galets prennent le dessus sur le sable, les cabines de bois colorées ponctuent le front de mer, et l’horizon s’élargit. Puis, quelques kilomètres plus loin, le phare de Hourdel (voir photo ci-dessus). C’est là que tout le monde vient pour une bonne raison : les phoques. Une colonie entière s’échoue sur les bancs de sable à marée basse. Ils étaient bien là, on les a vus, et pour être honnête, les photos le confirment dans le sens où on devine effectivement quelque chose au loin sur les bancs de sable. Disons que l’expérience vaut surtout pour les yeux, et que les jumelles sont un investissement rentable dans ces contrées. 😅

Le soir, table de moules frites 🍟 quelque part sur la côte. Parce que c’est obligatoire et parce qu’on ne s’en lasse pas. On dort au Mayrena Hotel à Eu, une ancienne gare du XIXe siècle reconvertie avec soin : briques, bois massif, salle de bain minimaliste. Le genre d’endroit où on s’attendait à quelque chose de banal et où on repart agréablement surpris. 😀
J2 : falaises, port et fromage clivant
Le Tréport est à trois kilomètres. On commence par le funiculaire, qui grimpe les 106 mètres de falaise en quelques minutes. La vue du haut, la Manche, le port, les toits en contrebas, vaut largement le ticket. C’est une de ces attractions qu’on qualifie un peu vite de touristiques et qui, en réalité, donnent exactement ce qu’elles promettent. 👀
Direction Dieppe ensuite. La ville a du caractère, son château perché sur la falaise aussi. On y mange du saumon face au port, avec cette satisfaction particulière de déjeuner dans un endroit qui sent encore la marée. La lumière y est photographique : les bateaux, les façades normandes, le ciel changeant. Une carte mémoire peut se remplir vite. 😆
Dernière étape avant de reprendre la route : Neufchâtel-en-Bray. La ville donne son nom à un fromage en forme de cœur, ce qui est soit charmant soit kitsch selon la sensibilité de chacun. Mon copilote, pour sa part, avait inscrit cette halte dans l’itinéraire avec une conviction que je n’aurais pas pu partager… Il est reparti avec ses fromages. J’ai conduit, lol. 😂
La route du retour, déjà
Ce type de week-end a quelque chose d’évident une fois qu’on l’a fait : pas besoin de budget astronomique, pas besoin de billet d’avion, pas besoin de trois semaines de planning. Juste une voiture, deux jours, et l’envie d’aller se promener. La Baie de Somme et la Côte d’Albâtre sont à moins de deux heures de Paris et fonctionnent en toutes saisons. L’hiver les vide des touristes sans les vider de leur intérêt. 😎
Les paysages y sont photographiques presque partout : les reflets dans l’estuaire, les falaises à perte de vue, la lumière franche du nord. On revient avec des images plein la carte mémoire et la tête un peu plus claire. Ce n’est pas rien. 🙂















