
On est partis un dimanche matin, direction plein sud-est, en évitant les autoroutes autant que possible : les petites routes sont plus longues mais tellement plus agréables quand on n’est pas pressé, surtout quand on a le temps de s’arrêter sans culpabiliser. Premier arrêt avant même d’avoir vraiment quitté l’Île-de-France : le château de Fontainebleau et sa forêt, avec un crochet par les rochers d’Apremont pour se dégourdir les jambes entre deux blocs de grès. Le genre d’endroit qu’on connaît de nom depuis toujours sans jamais avoir pris le temps d’y traîner vraiment.
Direction Guédelon ensuite, à Treigny. Un chantier de château fort médiéval en construction, avec de vrais artisans au travail : tailleurs de pierre, charpentiers, tuiliers, tout est fait avec les techniques et les outils du XIIIe siècle, sans grue ni béton. On s’attendait à une visite un peu figée façon musée, on a trouvé un chantier vivant, poussiéreux et bruyant, largement plus intéressant que prévu. On y passerait facilement une heure de plus rien qu’à regarder les tailleurs de pierre travailler, sans même chercher à comprendre les explications techniques (attention toutefois le billet d’entrée est à 21 euros mais vous pouvez économiser si vous réserver à l’avance).
Vézelay a suivi en fin d’après-midi. La basilique Sainte-Marie-Madeleine, classée à l’UNESCO, domine le village perché et la vallée du Cousin, et on comprend vite pourquoi tant de pèlerins s’y sont arrêtés au fil des siècles avant de partir vers Compostelle. Les ruelles pavées grimpent sec, mais la vue en haut vaut largement l’effort. On a fini la journée là-haut, à profiter de la vue avant de redescendre dormir à Avallon.
Pour ces quelques jours, j’avais réservé l’Hôtel de la Poste : un ancien relais de poste du XVIIIe siècle où Napoléon a fait étape en 1815, à son retour de l’île d’Elbe, ce qui donne son nom au restaurant, « Le 1815« . Une table gastronomique référencée au Guide Michelin, tenue par le chef Reetesh Persand, et clairement pas volée. On n’a pas boudé notre plaisir, ni sur l’assiette ni sur la climatisation, salvatrice avec la chaleur qu’il faisait. Le genre d’étape qu’on n’attendait pas forcément sur ce trajet et qui a fini par être l’un des meilleurs souvenirs du séjour. 😋
La boucle des lacs du Morvan
Le lendemain a été consacré à une boucle autour des lacs, au départ d’Avallon. Le lac de Pannecière en premier : le plus sauvage des trois, encaissé entre les collines, avec peu de monde et une eau presque noire par endroits. Puis le lac de Chaumeçon, son barrage et ses reflets sur l’eau, sans doute le plus beau spot photo de tout le séjour, avec cette lumière du matin qui accrochait parfaitement la surface. Et enfin le lac des Settons, avec sa plage surveillée et une eau étonnamment chaude vu le contexte de canicule : baignade franchement agréable, et on a trouvé sans peine un petit coin presque pour nous, à l’écart des familles installées plus près de la plage principale.
Sur le chemin du retour vers Avallon, arrêt à Pierre-Perthuis : deux ponts historiques enjambent la Cure, avec la fameuse « roche percée » juste à côté, un endroit qui se prête particulièrement bien à la photo en fin de journée. On a appris sur place que le village avait servi de décor à « La Grande Vadrouille », ce que j’ignorais complètement, l’un de ces petits détails qui donnent un peu plus de relief à une simple pause en chemin.
Le retour, par Clamecy
Sur le trajet retour, détour par Clamecy, où l’on tombe sur la statue du « Flotteur » sur le pont de Bethléem : un hommage au flottage du bois qui reliait autrefois le Morvan à Paris par voie d’eau, une activité qui a façonné toute cette région pendant des siècles sans qu’on en garde vraiment le souvenir aujourd’hui. Un petit bout d’histoire locale qu’on n’attendait pas.
Le reste du trajet a été marqué par un gros incendie en forêt de Fontainebleau, plus de 800 hectares partis en fumée et l’A6 fermée, avec une déviation par l’A19 et Sens. Ça ne nous a pas impactés directement, mais ça fait un drôle d’effet de repenser à la balade qu’on avait faite là-bas deux jours plus tôt, dans cette même forêt. 🤯
Trois jours, quelques centaines de kilomètres de routes secondaires, et largement de quoi remplir la carte mémoire. 📸 Entre châteaux, chantier médiéval, lacs et petites histoires locales, on a fini par voir passer beaucoup plus de choses qu’on ne l’aurait imaginé sur un si court format. Le genre d’escapade que je referai sans hésiter.













