
Morlaix n’était qu’un point sur la carte avant d’y arriver. Un endroit pour passer, peut-être. Mais dès qu’on s’installe à la Maison de Kerdiès – une auberge où un chef primé au Bib Gourmand prépare les repas – on comprend que cette semaine sera différente. Nous arrivons en tant que groupe de randonneurs, mais cette baie de Bretagne va faire de nous quelque chose de plus : des compagnons de marche, complices du GR34 et des paysages côtiers qui ne s’oublient pas. 🥾
Les plages : premières explorations
Les premiers jours, avant de vraiment entrer dans le rythme des grandes randos, nous explorons les plages. C’est la détente, la reconnaissance du terrain. Poul Rodou respire une certaine sérénité – c’est notre plage de base, celle où on revient. Guerzit offre ses rochers, ses petits criques. Le Cosmeur, lui, gronde sous le poids des touristes : trop de monde, trop bruyant. On comprend vite que c’est pas là qu’on veut traîner.
C’est Groac’h Zu qui nous surprend vraiment. Parking minuscule, route étroite, presque secret. Mais une fois qu’on atteint la plage, c’est comme si on avait découvert quelque chose d’interdit. Le sable, l’eau, la tranquillité – c’est la meilleure. On la reverra plusieurs fois, cette plage. Elle devient nôtre, en quelque sorte.
Le GR34 et la baie : marcher en communion
Ça commence par Carantec. Une randonnée classique, tranquille, qui longe le littoral avec des vues évidentes sur la baie. Mais quand on passe par la pointe de Pen al Lann et qu’on approche l’île Callot, la marée basse nous offre quelque chose d’inattendu : la possibilité de traverser l’estran à pied. On marche sur le sol de l’île, juste comme ça, à pied sec. C’est surréaliste. Le Château du Taureau se profile à l’horizon, l’île Louët veille sur nous.
Le jour suivant, nous partons à pied directement de Kerdiès pour Saint-Jean-du-Doigt. C’est long, c’est beau, c’est le genre de rando qui justifie à elle seule le voyage. On passe par la pointe du Diben, la pointe de Primel – des noms qui deviennent familiers. On traverse de paisibles petits ports où les pêcheurs nous regardent passer sans même lever la tête. Il y a une intimité étrange ici, entre la mer et nous, entre la nature et le groupe.
Saint-Jean-du-Doigt vaut le coup – l’enclos paroissial c’est une spécificité bretonne qu’on n’a pas vue avant. L’architecture, l’histoire, tout ça s’accumule. On comprend qu’on n’est pas juste des touristes qui passent. On est des marcheurs qui apprennent (grâce au guide ravis de partager ses connaissances avec nous) ! 🎒
La baie de Locquirec et au-delà
La journée vers Locquirec, c’est autre chose. Nous quittons les sous-bois du Douron – cette rivière qui sépare le Finistère des Côtes d’Armor – pour les grandes grèves de la baie. C’est spectaculaire. Locquirec apparaît comme un petit port pittoresque au milieu de nulle part, puis les plages et les falaises escarpées qui remontent vers Poul Rodou, notre refuge.
Et puis il y a le jour de canicule. Mercredi, le soleil tape tellement fort qu’on doit se protéger le visage avec des foulards. La crème solaire tient pas – il faut en remettre toutes les heures… (et ça ne suffit pas). C’est inconfortable, c’est même dur, mais on marche quand même. C’est le genre de moment qui forge un groupe. 🥵
Barnenez et l’île de Batz
La presqu’île de Barnenez c’est une autre explorations. On passe par le port pittoresque de Térénez – on n’oubliera pas ce nom – et on marche sur des chemins qui baignent dans le bleu de la mer. Le cairn de Néolithique de Barnenez est là, silencieux témoin de millénaires. On voit les parcs ostréicoles de la baie, ces cultures marines qui sustentent la région (et pas que d’ailleurs) ! 🤫
Puis vient le bateau. La traversée de la baie en direction de l’île de Batz, c’est presque cérémoniel. On passe au plus près du Château du Taureau, on frôle l’île Louët, on voit l’île Noire disparaître derrière nous. L’île de Batz nous accueille avec ses couleurs, ses maisons, son charme désuet. C’est pas une grande île, mais elle a du caractère. Le tour à pied nous offre des points de vue privilégiés sur Roscoff, sur la baie qu’on vient de traverser, sur le grand large qui s’étend sans fin.
Ce qu’on emporte
Une semaine à Morlaix, c’est pas long. Sept jours intensifs de marche, de découverte, de soleil, de pluie peut-être. Mais il y a quelque chose dans cette baie qui se laisse capturer – les lumières qui changent, les perspectives qui s’ouvrent à chaque détour, les moments où le paysage devient soudain photo. 📸
La baie de Morlaix reste en mémoire – pas comme une destination cochée, mais comme une semaine où chaque pas offrait une image, où la mer et les falaises s’offraient sous des angles différents, loin du tourisme qui écrase les côtes normandes. Les plages restent silencieuses, les petits ports tranquilles. C’est ça qui rend les photos différentes – il n’y a pas de foule à cadrer, juste la lumière, la mer, et le silence. On comprenait mieux pourquoi on prenait son appareil tous les matins. 😉


















