Sauvegarder votre NAS Synology vers le Cloud de Microsoft Azure

Pour cet article, je vous propose de voir ensemble comment sauvegarder votre NAS Synology vers un fournisseur de Cloud !

On ne le dira jamais assez mais vous devez sauvegarder vos données ! Si vous avez un NAS c’est déjà un bon début mais même si vous avez opté pour un modèle avec 4 voir même 8 disques durs et l’avait configuré en RAID 5 ou RAID 1 (en mode miroir), il est pour moi impératif de disposer d’une seconde sauvegarde de vos données. Et bien entendu, pas question de disposer d’un second NAS, vous devez sauvegarder ces données à un emplacement diffèrent afin de palier à tout souci que vous pourriez avoir chez vous ! 🙂

Historique

Pendant des années, j’ai utilisé CrashPlan en mode personnel. L’offre était vraiment sympa. On pouvait sauvegarder 10 machines différentes pour un volume de données complètement illimité pour environ 150 € / an. Autant dire, que l’offre était absolument parfaite pour sauvegarder tous les PC de la famille et assurer le coup pour ceux qui ne savent pas vraiment ce qu’ils font sur leur ordinateur… Du coup, j’avais également mis en place une sauvegarde de mon NAS.

Mais CrashPlan a décidé que finalement l’abonnement était trop intéressant (pour nous) et ils ont décidé de le stopper. Les nouvelles formules étant clairement bien moins sympas financièrement pour les particuliers j’ai donc dû trouver un autre moyen. 🙁

Plusieurs possibilités pour le stockage dans le Cloud

J’ai donc regardé du côté du Cloud. La plupart des fournisseurs de Cloud proposent plusieurs solutions (similaires) pour stocker d’important volume de données. Vous en avez certainement entendu parlé au travers des termes suivants : hot storage, cold storage, archive. Pour faire simple, il existe plusieurs niveau de stockage :

  • Hot storage : cela correspond au stockage standard auquel vous souhaitez pouvoir accéder immédiatement et en permanence. Ce type de stockage est plus cher par Go mais moins cher lorsque vous souhaitez accéder et récupérer vos fichiers.
  • Cold storage : c’est l’inverse ! pour un même volume de Go vous payerez moins cher le stockage que sur du hot storage mais l’accès à vos données (si nécessaire) s’avérera plus cher.
  • Archivage : vous ne retrouvez pas toujours cette option sur tous les fournisseurs – ou bien elle porte un autre nom. Vos données sont archivées. Le stockage est encore moins cher mais vos données ne sont pas immédiatement accessibles en cas d’urgence. Et la récupération sera encore plus chère pour un volume de données similaire.

Plus d’informations en consultant cet article sur le site d’Azure.

Je ne vais pas rentrer sur le débat du prix car cela change en permanence et chaque personne a ses préférences en matière de Cloud. Les 3 articles que j’ai consulté au moment de rédiger cet article semblait indiquer que Azure était le moins cher pour un même volume de stockage (article 1, article 2, article 3).

Mise en place de la sauvegarde (côté Azure)

Dans un premier temps, nous allons préparer la partie Azure. Je ne vais pas tout détailler car je vais considérer que vous connaissez le minimum en termes d’utilisation du cloud de Microsoft. Vous devez commencer par créer un storage account (au sein d’un resource group – bien évidemment).

Dans mon cas j’ai choisi la configuration suivante :

  • Performance: Standard
  • Replication: LRS
  • Account kind: StorageV2

Voici la logique de mon choix :

  • Mon objectif est de réaliser une seconde sauvegarde des éléments les plus importants qui se trouvent sur mon NAS,
  • Je ne cherche donc pas de performances – je reste donc sur du Standard et pas du SSD,
  • Je vais également stocker du volume auquel je n’accéderais que si je perds les données sur mon NAS – je reste donc sur du Locally-redundant storage (car je dispose déjà d’une copie sur mon NAS) et je vais choisir du Cold (quelques étapes plus loin) pour limiter encore un peu plus le coût. 🙂

Quelques conseils au passage :

  • Je vous recommande d’activer un Lock sur votre storage account afin d’éviter tout perte de vos données en cas de mauvais clic.

  • Au moment de la création de votre storage account, vous pouvez également activer l’encryption des données qui y seront stockées.

Une fois que votre storage account est créé, il reste à créer un conteneur pour y stocker vos données. Une fois dans le storage account, dirigez-vous dans la partie Blob service et créez un nouveau conteneur.

Dans mon cas j’ai choisi de nommer le conteneur “backupnas“. Libre à vous d’adapter ce choix en fonction de ce que vous souhaitez faire.

Et finalement, n’oubliez pas non plus de changer le mode de stockage pour le basculer de Hot vers Cold afin de limiter les coûts (en tout cela correspond à mon scénario de test). Pour ce faire, l’option se trouve au niveau de la configuration du storage account (et non pas la configuration du conteneur).

Nous avons terminé la configuration du côté de Azure. Avant de fermer cette page, n’oubliez pas de récupérer une copie de vos clés pour pouvoir accéder à votre storage account. L’une des 2 clés vous sera nécessaire afin de lier votre NAS à votre storage account dans Azure.

La configuration côté Azure est à présent terminée. 😉

Mise en place de la sauvegarde (côté Synology)

Précisons que cet article ne traite que des NAS de la marque Synology. Il existe probablement des alternatives pour les autres marques mais dans mon cas, je ne peux vous présenter que la méthode sur un Synology car je dispose d’un DS716+II – il a été remplacé depuis par le DS718+.

Avant toute chose, connectez-vous au portail admin de votre NAS, ouvrez le Centre de Paquets puis téléchargez et installez l’application suivante : Cloud Sync. Il s’agit d’une application officielle proposée par le vendeur lui-même.

Démarrez l’application et suivez les étapes de configuration ci-dessous.

Sélectionnez Azure storage et cliquez sur Suivant.

Sélectionnez ensuite les options suivantes :

  • Terminal de service : Azure international (cas le plus commun et probablement le vôtre aussi),
  • Compte de stockage : le nom de votre storage account,
  • Access key : l’une de vos 2 clés,
  • Nom du conteur Blob : si vous avez bien choisi les précédentes options, vous devriez retrouver dans le menu déroulant le nom du conteur que vous avez précédemment créé sur Azure.

Configurez les emplacements à sauvegarder :

  • Nom de la connexion : simplement à nom pour ce premier profil de synchronisation,
  • Chemin local : correspond au dossier racine sur le NAS que vous souhaitez sauvegarder vers Azure,
  • Chemin distant : correspond à l’emplacement de destination où vous souhaitez sauvegarder vos données sur Azure. Si vous ne mettez rien, tout sera sauvegardé à la racine du conteneur,
  • Direction de la synchronisation :
    • Bidirectionnel : cela signifie que la destination et la source sont maintenues dans le même état en permanence. Un nouveau fichier sur la source ou sur la destination sera automatiquement ajoutée de chaque côté ou supprimée si nécessaire.
    • Télécharger uniquement les modifications distantes : dans ce scénario c’est la destination Azure qui devient la source fiable. Si un fichier est ajouté ou supprimé sur Azure, alors la modification est répercutée sur votre NAS.
    • Transférer uniquement les modifications locales : cette fois c’est l’inverse – votre NAS reste la source fiable et les données sont transférées du NAS vers Azure. J’ai opté pour cette troisième option.

Je vous laisse choisir pour les autres options. Notez simplement que la dernière case à cocher vous permet d’éviter de supprimer des données sur Azure même si elles sont supprimées de votre NAS. De ce fait, votre consommation Azure ne fera qu’augmenter et peut un jour dépasser la taille totale de votre NAS. A adapter selon vos besoins. 😉

Le dernier bouton vous permet également de planifier le déroulement des sauvegardes. Si vous souhaitez sauvegarder en permanence, n’activez simplement pas l’option. Dans mon cas, je vais l’activer afin d’éviter que les disques fassent trop de bruit la nuit. 😉

Une fois terminé, vous verrez que votre synchro est déjà en cours d’exécution… 🙂

Et bien entendu, vous pouvez également vérifier sur Azure que vous voyez bien des fichiers et/ou dossiers apparaître.

Si on résume : le dossier que vous avez configuré est désormais sauvegardé de votre NAS vers votre souscription Azure. C’est le NAS qui reste la source fiable pour les données et dans mon cas j’ai choisi de ne pas supprimer les données – même en cas de suppression sur le NAS (afin de pouvoir palier à toute erreur depuis le NAS).

Personnellement, j’ai vraiment été impressionné par les performances. J’ignore s’il y a des optimisations entre mon FAI et Azure mais j’ai pu uploader environ 110 Go en moins d’une heure – ce qui me paraît plutôt pas mal ! 🙂

Pour aller plus loin

Evidemment, dans cet article j’ai détaillé la méthode pour le cloud Azure mais vous avez vu que l’application supporte également Google Cloud Platform et Amazon AWS.

Il me restera à voir dans les jours / mois à venir le coût que va représenter ce volume de données dans Azure en Cold storage. Car même si je dispose d’un abonnement MSDN qui m’apporte un peu de crédit chaque mois, je dispose dans l’absolu de plus de 4 To (et idéalement, j’aimerais bien tout sauvegarder). 🙂

Enfin, une fois que vous avez associé votre storage account à votre NAS – vous pouvez ajouter d’autres points de montage de votre NAS pour qu’ils soient également sauvegardés sur votre souscription Azure.

C’est terminé ! Votre NAS dispose désormais d’une sauvegarde de secours en cas de besoin ! 🙂